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Le Bujo : plus qu'un agenda

Le Bujo : plus qu'un agenda

Publié le 16 janvier 2020 

Par Roxane Meilleur 

Roxane Meilleur est candidate au doctorat en psychologie organisationnelle (Ph.D.) à l’Université de Sherbrooke et chargée de cours au doctorat en psychologie depuis 2016. Son bullet journal lui permet de jongler entre ses passions pour la recherche, l’enseignement, les danses swing et les loisirs créatifs.

Le Bujo (Bullet Journal), qu'est-ce que c'est ?

Le bullet journal, aussi affectueusement surnommé bujo par la francophonie, est une méthodologie développée par l’auteur Ryder Carroll pour être efficace dans son travail. Sur son site web, Carroll présente le bujo comme « une pratique de pleine conscience déguisée en système de productivité ». Concrètement, elle prend la forme d’un carnet, habituellement physique, mais parfois numérique.

À la jonction d’un agenda, d’un planificateur et d’un journal, le bujo vise à centraliser événements, listes de tâches « to-do » et idées à l’intérieur d’un seul et même médium. Finie la ribambelle de posts-its et les multiples cahiers que l’on finit par oublier chez soi le jour où on en a besoin! Le bujo est à peu près le seul item que je traîne constamment avec moi, comme un compagnon quotidien.

À la base : un système

Si vous avez envie de vous lancer dans l’aventure du bujo, je recommande de bâtir à partir du système original élaboré par Caroll. Voici les principes et sections qui serviront à organiser votre cahier : 

Une clé 

qui définit les pictogrammes utilisés pour représenter les concepts abstraits comme les tâches à faire,  les tâches en cours, les tâches complétées, les notes diverses, les événements, etc. Caroll propose une clé bâtie sur des puces . La puce est une tâche à faire. Elle sera transformée en X pour une tâche complété ou en flèche pour une tâche remise au lendemain. Pour ma part, je préfère colorier une case lorsque je complète une tâche : je trouve cela plus visuel (et satisfaisant!) qu’un crochet ou un X.

Un index 

pour être en mesure de retrouver rapidement une page. L'index est une page réservée en début de cahier pour repérer les collections/listes/références truffées à travers la planification. Pour indexer, le cahier doit être numéroté. Ainsi, à l'index pourrait être ajouté « Liste de livres à lire - page 7 », puis « Planification de vacances - page 52». Certaines personnes choisiront d’indexer tout le contenu de leur journal. Personnellement, je n’indexe que ce qui pourrait me servir comme référence dans le futur (p. ex. notes de conférence, idées de projets, pistes d’amélioration pour mes cours, etc.).

Un calendrier à long terme (future log)

qui permet d’indiquer les événements et échéances pour les mois à venir. Il permet d'avoir une vision globale de votre organisation et peut prendre plusieurs formes : liste simpliste, calendrier, calendex, méthode Alastair, etc. L’important est de prévoir un espace suffisant pour y inscrire les événements à venir. 

La méthode Alastair

Un calendrier annuel avec une page d'entrée libre pour les rendez-vous et échéanciers

Des pages de planification mensuelle (monthly), hebdomadaire (weekly) et journalière (daily)

Là encore, l’utilisation de ces sections peut varier d’une personne à l’autre. Après plusieurs mois d'expérimentation, je sais qu’une planification mensuelle pour une vision à long terme et des pages journalières me suffisent. Pour les pages mensuelles, j’aime garder un peu d’espace pour des notes globales et des tâches qui doivent être faites dans le mois sans nécessairement être définies par des dates précises.

Planification mensuelle

 

Planification hebdomadaire

Planification journalière

Des pages de suivi (trackers)

qui permettent de faire le suivi du sommeil, des habitudes de vie (p. ex. consommation d’eau, alimentation) et de toute autre activité importante pour soi. Les possibilités sont infinies! Ce guide est utile pour mettre en place des nouvelles habitudes de vie, évaluer ce qui influence la motivation, l'énergie, le bien-être général ou, encore, la productivité. Une mise en garde toutefois : les trackers peuvent rapidement devenir lourds si on ne se questionne pas sur les raisons pour lesquelles on souhaite faire le suivi de ces activités, en plus d’être démotivants si trop de cases se retrouvent vides au fil des jours. J’ai moi-même rapidement abandonné plusieurs trackers. En contrepartie, ce système m’a été utile pour développer l’habitude de rédiger mes notes évolutives de façon régulière. Ma recommandation : viser l’intégration d’au plus deux nouvelles habitudes à la fois. À trop vouloir atteindre d’objectifs, on risque de ne pas en atteindre du tout. *

Ces trackers que j’ai fini par abandonner. © Roxane Meilleur

Des collections

Les collections sont des pages de sujets divers, indépendantes des pages de planification. Voici quelques exemples typiques : listes de livres à lire, listes de cadeaux de Noël, dates d’anniversaire, fréquences des tâches ménagères, gestion des finances, bilan et objectifs de vie, etc. Ce sont souvent des pages que l’on voudra retranscrire ou transférer dans le prochain journal ou, du moins, indexer pour les retrouver facilement.

« C'est bien, mais je n’ai pas de temps pour ça… » 

Contrairement à ce qu’on pourrait s’imaginer en regardant les images de bujo sur Pinterest, Instagram et compagnie, il n’est pas nécessaire de passer beaucoup de temps sur son journal pour en retirer des bénéfices. Certes, la création des pages de base d'un nouveau carnet, le calendrier et les pages mensuelles, peuvent prendre plus de temps, mais autrement, j’y passe environ 20 minutes par jour!

Dans ma routine, je prépare habituellement ma journée (dailie) lorsque j’arrête de travailler en fin de journée ou en me levant le matin. Ce sont les deux meilleurs moments pour être en mesure d’évaluer réalistement ce que je serai en mesure de réaliser dans ma journée (p. ex. en considérant mon niveau d’énergie), d’autant plus que mon horaire varie d’un jour à l’autre. Ces minutes de planification sont vite rentabilisées : elles représentent pour moi un temps de recul pour ne rien oublier, mais aussi pour établir mes priorités et les réviser au besoin. L’idée est aussi d’éviter les to-do lists à l’infini et de maintenir ma motivation; les tâches que j’inscris pour ma journée sont pensées en fonction de ce qui est atteignable.

Le moment où je prépare ma journée est aussi un moment privilégié pour me centrer. Parfois, j’en profite pour ajouter quelques décorations : l’utilisation d’une belle calligraphie pour le titre, des autocollants, du ruban décoratif, etc. Mon horaire chargé me permet difficilement de passer des soirées complètes à bricoler, alors cette petite dose de créativité me fait du bien. Et je dois avouer que j’ai encore plus le goût d’ouvrir mon agenda et de colorer de petites cases lorsque je le trouve beau! Je prends aussi plus de temps pour mes pages mensuelles. Mais attention! Si les pages partagées sur les réseaux sociaux sont souvent artistiques, aucun talent n’est nécessaire pour utiliser un bujo. Et même avec mon côté créatif, il m’arrive que mon journal ne soit que fonctionnel, voire pêle-mêle, et c’est très bien ainsi!

Un exemple de page où l’utilité l’emporte sur la beauté : dans le haut, des notes prises à l’envers! © Roxane Meilleur

Planifier, organiser et apprendre

La beauté du bujo, c’est son côté personnalisé et ses multiples fonctions. Ce que j’apprécie le plus de cet outil, c’est le fait que la prochaine page qui sera tournée puisse remplir mon besoin du moment, sans être coincée dans un format prédéfini. Mon journal évolue au fil des périodes de ma vie et de mes expérimentations, au cours desquelles je développe mes compétences de planificatrice et j’apprends ce qui fonctionne bien pour moi.

L’invitation que j’aimerais donc vous lancer est la suivante : donnez-vous la chance de découvrir ce qui fonctionne pour VOUS! Vous voulez utiliser votre bujo pour améliorer votre santé mentale? Faites quelques recherches et vous trouverez une foule d’outils créés par d’autres utilisateurs . Vous n’avez pas envie de faire le suivi de vos habitudes de vie? Ne le faites pas! Un type de page vous a bien servi par le passé, mais vous semble à présent moins pertinent? Aucun problème! Après tout, c’est vous qui utiliserez votre journal : autant en faire un outil qui vous parle et qui réponde à vos besoins.


Crédits photo : Images de couverture et images 1, 4, 5, 6 et 7 par Roxane Meilleur / image 2 par Cynthia Tellier Champagne / Image 3 libre de droit

Pourquoi inscrire le Bujo dans une tradition écolo ? 

Le bujo s'inscrit dans une démarche minimaliste, c'est-à-dire qu'il invite la personne à utiliser un minimum de ressources pour s'organiser mieux. On veut troquer ces vieux agendas remplis de pages désuètes par une méthode qui harmonise notre organisation et évite le gaspillage des pages vides. Avec en emploi du temps léger, on pourra étirer un cahier sur cinq ans. Pour les emplois du temps plus chargés, on évite la sur-organisation et le gaspillage. Et si on commençait avec un vieux cahier qui ne sert pas ou, encore, une application sur son téléphone intelligent?

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